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Prévenir les coups de chaleur

PRÉVENIR

les coups de chaleur

Le coup de chaleur est une hyperthermie liée à une chaleur interne trop élevée, soit une fièvre intense d’origine non infectieuse ni traumatique, généralement provoquée par un défaut de régulation de la température interne du cheval en cas de forte chaleur extérieure. Il s’agit d’une urgence grave, d’où l’importante de repérer les signes cliniques avant-coureurs.

Le cheval a deux moyens de réguler sa température : la transpiration et la dilatation des vaisseaux sanguins sous la peau (vasodilatation périphérique) pour éliminer la chaleur interne vers l’extérieur. Lorsque ces mécanismes ne sont pas suffisants, la température interne du cheval augmente trop (pouvant dépasser 41°C, contre 37,5° à 38,5° normalement) ce qui entraîne des dysfonctionnements des organes internes (cœur, reins, cerveau, etc.) qui ne sont plus correctement irrigués avec l’accumulation du sang dans les vaisseaux de la peau.

Quels sont les symptômes ?

Les signes cliniques précurseurs sont l’augmentation persistante de la fréquence respiratoire (normalement comprise entre 20 et 40 mouvements par minute) malgré l’arrêt de l’exercice, l’augmentation de la température rectale, une attitude anormale (fatigue, désintérêt de l’environnement, œil fixe, tête basse), des muqueuses des gencives sèches ou collantes.

 

Si rien n’est mis en place pour aider le cheval à réguler sa température, sa fréquence cardiaque va augmenter, les muqueuses vont congestionner (rouges), il va perdre l’équilibre, puis connaissance. La mort peut survenir très rapidement.

 

Certains chevaux peuvent être prédisposés : les chevaux atteints d’anhydrose (qui ne produisent pas assez de sueur), les chevaux ayant de l’embonpoint (la chaleur est plus difficilement évacuée), les chevaux avec des poils très longs et/ très épais, les chevaux insuffisamment entraînés et ceux transportés d’une région fraîche à une région chaude (pour une randonnée, une épreuve d’endurance par exemple, dont le corps n’a pas eu le temps de s’adapter).

Il est possible de réaliser le test du pli de peau pour mesurer le degré de déshydratation du cheval. Pour cela, pincez la peau au niveau de la pointe de l’épaule et notez le temps qu’il faut pour que la peau revienne à sa place :

  • Remise en place immédiate, le cheval n’est pas déshydraté
  • En 2 à 3 secondes, la déshydratation est légère
  • En 6 à 10 secondes, la déshydratation est importante
  • En plus de 10 secondes, la vie du cheval est en danger, des mesures de réhydratation sont à mettre en place au plus vite !

Comment refroidir le cheval en cas de coup de chaleur :

Il est préconisé, dans ce cas de figure, d’arrêter immédiatement le travail et d’amener le cheval dans un endroit frais et aéré. Il faut ensuite le doucher, attention à ne pas le faire avec de l’eau trop froide. En effet, au contact de cette dernière, les vaisseaux sanguins se réduisent ce qui provoque un choc chez le cheval qui va, au contraire, conserver sa chaleur.

 

Il est donc conseillé de doucher son cheval avec une eau à température ambiante et de la faire couler en grande quantité. Celle-ci va se réchauffer au contact de l’animal et lui permettre de se refroidir progressivement. Attention aux poils qui gardent l’eau, utilisez un couteau de chaleur ou le plat de la main pour évacuer l’eau qui stagne et permettre son renouvellement.

En cas d’une quantité limitée d’eau à disposition, il est préconisé de créer un courant d’air à l’aide d’un carton ou d’un tissu et d’appliquer l’eau en priorité sur les zones les plus vascularisées telles que la tête, le cou, entre les cuisses, etc.
En cas de faible quantité d’eau, vous pouvez mouiller un morceau de tissu à placer ensuite sur la tête du cheval puis de créer un courant d’air.
Il est également conseillé de donner à boire de l’eau non glacée, de prendre sa température régulièrement (pour vérifier qu’elle baisse régulièrement) et de masser doucement l’animal pour faire circuler le sang vers les organes plus profonds.

Les conséquences d’un coup de chaleur

Un coup de chaleur, même avec peu de symptômes, peut avoir un impact sur le système digestif déjà sensible des chevaux. La flore intestinale peut être très touchée voir détruite si le cheval a passé trop de temps à se rafraîchir sans y parvenir. Le cheval peut donc faire des coliques ou avoir des diarrhées, il est donc à surveiller. L’utilisation de solutions de réhydratation et de probiotiques est alors conseillée.

Alimentation et gestion du cheval par temps chaud

  • Limiter l’apport de chaleur extérieure : abri ou aménagement pour que le cheval se mette à l’ombre dès que la température dépasse 25°C
  • Limiter la production de chaleur interne : limiter le travail aux heures les plus chaudes
  • Faciliter le dégagement de la chaleur via la transpiration : assurer une bonne ventilation, compenser les pertes avec l’apport d’eau et de sel (privilégier l’eau tempérée pour éviter une colique gastrique avec une eau trop froide), éviter les couvertures, tondre l’animal
  • Laisser de l’eau fraîche à volonté
  • Mettre une pierre de sel à disposition et supplémenter en électrolytes en cas de forte transpiration
  • Tondre les chevaux à poils longs et épais
  • Prévoir une période de transition aux climats chauds de 2 ou 3 semaines avant de réaliser un exercice intense

Sources : Techniques d’élevage, équipédia (ifce) et cabinet medico-chirurgical du vieux schiltigheim